Netflix Altered Carbon

Le 2 février 2018, Netflix diffuse sur sa plateforme Altered Carbon. J'avais déjà entendu parler du livre, mais je ne l'ai jamais lu. Donc concrètement je ne peux juger la série en tant qu'adaptation.

Pitch de base de la série : en l'an 2300 la conscience humaine est stockée dans un genre de clé USB alien et l'Homme peut "imprimer" de la matière organique grâce au "carbone modifié". En conséquence, les Hommes sont affranchis de la mort. L'enveloppe (organique ou synthétique) peut mourir, mais la conscience (stockée dans la "pile") peut-être simplement pluggée dans un autre corps. Un ancien rebelle dont la pile a été stockée pendant 250 ans en détention est loué par un riche qui souhaite élucider son propre décès.

Pile

Tout cela offre des possibilités narratives très intéressantes et on se demande pourquoi le livre n'a pas été adapté plus tôt...
Réponse Wikipédia : c'était prévu d'en faire un long-métrage depuis 15 ans, mais le livre étant R-rated, il était très complexe à vendre.
Mais du coup le format série et Netflix ont permis d'avoir à la fois un récit complet (10 épisodes qui durent entre 50min et 1h10) et de s'affranchir de la peur qu'ont les productions de cinéma à sortir un R-rated en salles.

Du cul, des culs, de la prostitution, des drogues, de la torture, du fanatisme religieux. On pourrait se dire que c'est le cas dans pas mal d'univers. Sauf qu'ici, on parle d'un univers cyberpunk, une dystopie futuriste où la mort n'est pas la mort.
Où la prostitution peut très bien prendre la forme de torture puis d'un meurtre définitif ou inclure des corps d'enfants synthétiques (cela étant suggéré mais pas montré pour des raisons évidentes).
Où la torture se fait en chambres virtuelles où le corps peut se faire brûler, couper, arracher, jusqu'à ce que l'environnement soit rechargé et que cela recommence.
Où les Mathusalems (riches, anciens et tous-puissants personnages), sont considérés comme des Dieux.
Où le passe-temps de ces soi-disants Dieux est de voir les moins riches se battre à mort dans les arènes sans gravité ou de torturer et de tuer des putes.

Mis à part cela, le classique du cyberpunk : des mégapoles, des améliorations physiques, un antihéros désabusé, etc.

Cela dit, la série met aussi à l'image des passages qui sont drôles.

Et on retrouve aussi une intelligence artificielle qui prend l'apparence d'Edgar Allan Poe en maître d'hôtel. Sans rire. Edgar Allan Fucking Poe qui tient un hôtel et qui contrôles des gatlings.
Poe

Pour le scénario, la série est un récit policier qui profite très bien des codes de la science-fiction.
L'écriture respecte les règles de l'univers qu'elle crée. Le côté graphique du nu et du gore ajoute au réalisme. L'éclairage est constamment constitué de lumières rouges et bleues dans un environnement très sombre et macabre lorsque l'histoire se passe dans la mégapole, ajoutant ainsi à l'ambiance lourde et oppressante un côté kitsch-flashy.

Gros kiff sur cette série, j'espère qu'elle fera suffisamment d'audience pour décoincer les prods et ainsi voir le genre cyberpunk un peu plus exploité dans les prochaines années.

Xavier Stouder

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